C'était toujours cette musique qui résonnait quand tu jouais. La même radio, allumée dans le fond de la pièce, sur un fauteuil adossé à la baie vitrée. Tu te penchais toujours de la même façon, à chaque fois. Ta manche recouvrait ta main, de cette manière si élégante que j'aimais tant. J'entrevoyais tes sous-vêtements, mes doigts frétillaient de venir les taquiner. La queue bien orientée, tu faisais mouche presque à chaque fois. Je pouvais te regarder des heures tourner autour de ce billard, cerner ta stratégie et enfiler tes meilleurs coups. Je ne me lassais pas de voir cette manche sur ton poignet, de voir tes yeux sur les boules, d'entendre les chocs entre les jeux.
Je froissais mon papier entre mes mains, que je frottais nerveusement. Je me mordais la lèvre inférieur plus je te voyais te déplacer. Je ne voulais que te rejoindre. Ma jambe droite tremblait comme toujours, ce lieu n'était qu'habitude, je n'étais qu'habitude. Mais toi au milieu de tout, tu n'étais que surprise. Tout en toi m'étonnait, autant ton calme que ta sympathie. Puis tu étais si beau...